Invaincu depuis le début de la saison, Saint-Jean-d'Angély, qui affronte Soyaux ( DHR) en coupe de France, le doit certainement à l'arrivée de quatre Maliens .
Incroyable ! Moribonds la saison passée, relégués en PL après un championnat catastrophique et trois victoires en vingt-deux matchs, le Sporting-Club Angérien renaît de ses cendres. Depuis le 21 août, les sang et or ont disputé huit rencontres ( 4 en championnat et 4 en coupe de France) et les ont toutes gagnées ! Les raisons de ce succès ? L'arrivée d'un nouvel entraîneur : Ludovic Violeau et un recrutement haut de gamme.
Recruter malin ? Recruter Maliens !
Deux jeunes éléments partis tenter leur chance au centre de formation des Chamois Niortais et de retour dans leur club formateur ( Tugulescu, Jauneau) et quatre Maliens : Ibrahima Diagouraga ( 26 ans) , Amadou Traoré ( 25 ans) , Nambala Diawara ( 26 ans) et Drissa Fonda ( 27 ans) .
C'est Ludovic Violeau , en bon connaisseur du continent africain, qui est à l'origine de ce réseau garanti « made in Bamako »
. « Lorsque j'entraînais l'équipe B d'Angoulême, j'avais découvert Nambala Diawara, » explique Violeau, « et on est restés en contact ». Parti en Dordogne après deux belles saisons à Angoulême, Diawara a ensuite évolué à Trélissac où il a cotoyé un ancien joueur de Saint-Jean-d'Angély des années 90 : Gilles Valadié. Lorsqu'il l'a contacté , Violeau a vite su trouver les arguments pour convaincre le chasseur de buts Diawara de venir à Saint-Jean. « C'est vrai que le projet du SCA, retrouver la DH en cinq ans, m'a séduit et le fait de retrouver Violeau ici m'a donné contiance. »
Diawara + Diagouraga : 14 buts
Auteur de 7 buts en 4 matchs, Diawara a ensuite glissé dans l'oreille de Violeau le nom de trois autres compatriotes. Très rapidement, conquis par un projet professionnel de qualité, Diagouraga et Traoré ont eux aussi vite quitté Chamiers ( DHR) pour rejoindre la Saintonge. Quant à Drissa Fomba, le petit dernier de la bande milieu défensif, c'est par la Grêce qu'il a transité avant de signer au SCA.
Dans des registres différents, chacun a pu trouver sa place. Formés au centre Salif Keita ( NDLR : celui qui fait rêver les supporters de l'ASSE dans les années 70), Diagouraga et Traoré sont complémentaires. L'un ratisse les ballons au milieu ( Traoré) et l'autre aime bouger sur le front de l'attaque ( Diagouraga) . Souriant, affable, il goûte la vie à pleines dents. « Mon poste préféré ? Neuf et demi ! J'aime bien me situer derrière « Nam » ( Nambala Diawara) à gauche, à droite , à tous les postes sauf en défense ! » Auteur de 5 passes décisives et de 7 buts , tous inscrits en coupe de France, Ibrahima , comme Amadou et Nambala, apprécie la qualité de l'accueil des dirigeants angériens. « Cette semaine, j'avais une douleur aux adducteurs, » raconte Diagouraga, « avant que je ne fasse quoi que ce soit, un dirigeant est allé m'acheter un traitement à la pharmacie. Ca, c'est vraiment un geste d'africain. » Afrique, continent de la solidarité où chacun n'hésite pas à venir en aide à son prochain....
Les aigles agiles du SCA
Anciens membre des équipes de jeunes des Aigles du Mali, Diawara et Diagouraga admettent bien volontiers qu'évoluer ensemble au SCA simplifie bien des choses du quotidien. Installés en France depuis cinq ans, nos quatre Maliens ne redoutent même plus l'hiver « C'est vrai que la première fois où tu vis cette période là, c'est dur, mais on s'habitue vite. » Même s'ils se sentent parfaitement intégrés à Saint-Jean-d'Angély où règne « un véritable esprit de famille », dès que l'on évoque Bamako, l'émotion affleure. Ibrahima Diagouraga a même reçu un message électronique d'un de ses anciens entraîneurs de Bamako.« Tu te rends compte » sourit Ibrahima, « quand je rentre là-bas, on me surnomme encore Abedi Pelé ( NDLR : joueur des Chamois Niortais et de l'OM des années 90) ! » Pour Amadou Traoré, le succès du SCA 2005-2006 :« notre force c'est nous-même, on est entre potes et tout le monde se bat pour tout le monde »
Egalement désigné « Papou », ce qui veut dire enfant gâté, Diagouraga ajoute malicieusement que ses collègues ont aussi un ptit nom : « Nam » pour Diawara, « Capi » pour Traoré. Proches d'autres joueurs maliens évoluant dans la région ( Doumbia à Angoulême, Touré à Sireul), les Maliens du SCA n'ont pas fini de faire parler d'eux. Soyaux a tout intérêt à se méfier.